L’Intelligence Artificielle… Comme expliqué dans un précédent post, ce mot est dans toutes les bouches, au cœur de la stratégie d’un grand nombre d’entreprises. Nous-mêmes, chez XXII, en faisons notre cheval de bataille, notre vision, notre pari sur l’avenir.

Et pourtant, c’est un terme qui est mal défini et à cause de cela réveille des craintes enfouies, pour des raisons plus ou moins légitimes.

La principale est liée à l’emploi. Cette peur est-elle justifiée ? Non, mais il y a des préoccupations dont il faut s’occuper dès maintenant.

Photo : Dierk Schaefer

Photo : Dierk Schaefer

En effet, nous ne sommes pas encore prêts à l’automatisation qui arrive. Même si nous ne savons pas tout ce qui se passe, d’un point de vue politique, les bonnes questions ne sont pas posées. Rien n’est entrepris alors que la France et l’Union Européenne sont déjà en retard par rapport à l’exploitation de l’IA. Par ailleurs, nous sommes davantage sur un débat sociétal que politique et on se retrouve dans la situation du serpent qui se mord la queue : la société attend des réponses et des éclaircissements de ses politiques, alors que ceux-ci pratiquent la méthode de l’autruche, ignorent les problématiques fondamentales et entretiennent le retard déjà pris par rapport à d’autres pays.

Nous sommes également dans une évolution logique des technologies. Toutes les avancées scientifiques sont bénéfiques, il ne tient qu’à nous d’en déterminer une utilisation positive pour l’humanité. Il vaut mieux l’accepter, chercher à la comprendre et ne pas chercher à l’éviter. Car lorsque l’on commence à refuser les sciences, on accepte indirectement de ne plus être en phase avec l’innovation et donc moteur économique puisque l’innovation technique et économique ne peut se faire que grâce à l’avancée scientifique. Si l’on reste dans ce refus, on prend alors le risque d’un retrait de notre pays, de notre économie, de notre position d’innovateur pour aller vers une position de consommateur, ce qui revient à la situation d’un pays du tiers-monde en soi.

Toutes les avancées scientifiques sont bénéfiques, il ne tient qu’à nous d’en déterminer une utilisation positive pour l’humanité.

Quelles sont les solutions ? Ne pas attendre des politiques qu’ils nous confortent, nous rassurent, mais plutôt pousser tout le monde à participer au débat : les salariés, les entreprises, les infrastructures, les institutions…. Tout le monde doit se sentir concerné. Il faut arrêter d’espérer des politiciens qu’ils comprennent et prennent des décisions. Il faut comprendre que les politiques ont une vision court terme, les ré-élections, tandis que l’IA a une vision à très long terme. Ce sont principalement les entreprises qui vont rassurer et mener le débat. C’est risqué mais ce sont elles qui vont pouvoir aller vite et faire avancer les choses.

Une autre solution clé, qu’il va falloir mettre en place rapidement, est de changer la formation et l’éducation. Il y a un véritable manque d’éducation sur le sujet de l’IA et de la robotique. C’est un sujet intense et rapide, on pense en savoir beaucoup mais la réalité est que nous sommes encore dans l’ignorance. En revanche, plus la société comprendra et appréhendera tôt les tenants et aboutissants de cette transformation technologique, plus nous pourrons avancer tous ensemble, dans le bon sens.

[...] l’IA va permettre de libérer du temps pour d’autres tâches et va développer de nouveaux métiers dont nous ignorons l’existence aujourd’hui.

Au-delà de cet aspect sociétal, il est important de noter que, certes, l’automatisation va enlever certaines de nos tâches, mais surtout l’IA va permettre de libérer du temps pour d’autres tâches et va développer de nouveaux métiers dont nous ignorons l’existence aujourd’hui. Prenons l’exemple de la révolution digitale dont de nouveaux métiers sont sortis (community managers, directeurs digitaux, etc.). L’IA va devenir ce que les ordinateurs sont devenus dans le monde du travail. Une personne ne sachant pas utiliser un ordinateur aura des difficultés à trouver un emploi, il en sera de même avec l’IA. La majorité voire tous les secteurs et emplois vont devoir s’adapter et utiliser l’IA accompagnatrice.

Dans le fond, la question n’est pas tant de savoir si l’on a peur de l’IA, car la réponse est non. En revanche, oui la société a peur de son application. Mais il est temps d’arrêter les questions, de dépasser cette peur du changement et de la décision, de prendre le risque même s’il nous est imposé et de changer notre approche du travail.

Mais il est temps d’arrêter les questions, de dépasser cette peur du changement et de la décision, de prendre le risque même s’il nous est imposé et de changer notre approche du travail.

Bien comprise et bien appréhendée, l’IA, nous en sommes sûrs, deviendra le complément de l’Homme, son extension…mais pas son remplacement.